Février 2007

Les anciennes roches montrent comment la jeune Terre ne s’est pas transformée en boule gelée

Le dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, pourrait avoir, il y a 3.8 milliards d’années, sauvé la Terre d’un refroidissement complet, d’après l’analyse détaillée des roches sédimentaires les plus anciennes. Les scientifiques avaient déjà émis l’hypothèse selon laquelle de fortes concentrations de gaz à effet de serre avaient contribué à éviter un refroidissement total de la Terre dans son jeune âge, en permettant à l’atmosphère de retenir plus de chaleur qu’elle n’en perdait. Une équipe de l’Université de Chicago, de l’Université du Colorado et de l’Institut du Globe de Paris, en analysant les anciennes roches de la côte est de la baie d’Hudson, au nord du Québec, a recueilli les premiers signes confirmant cette théorie.

L’étude, dirigée par Nicolas Dauphas, professeur assistant de géophysique à l’Université de Chicago, explique comment la Terre n’est pas devenue un solide gelé alors que le rayonnement solaire était de 25% plus faible qu’aujourd’hui. De précédentes études avaient indiqué que l’eau liquide existait à la surface de la Terre bien que le faible Soleil d’alors pourrait n’avoir pas été en mesure de la réchauffer suffisamment pour éviter le gel. L’explication passerait par de hautes concentrations de dioxyde de carbone et de méthane.

La Terre, au moment de ce phénomène géologique, il y a 3.8 milliards d’années, présentait l’image d’un monde totalement étranger, doté d’une atmosphère dense de dioxyde de carbone et de méthane qui aurait communiqué au ciel une apparence rougeâtre, et d’océans profonds, bleu verdâtre, d’eau riche en fer, essuyant les plages de petits continents dispersés à travers le globe.


[Menu]
Tous droits réservés ©
Centre International de Recherche Scientifique

[accueil]