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La désertification, aggravée par le changement climatique, représente le plus grand défi environnemental de notre temps, et les gouvernements doivent soit réviser leurs approches politiques du problème, soit faire face à des migrations de masse de populations de pays concernés par le phénomène, dans le délai d’une seule génération, indique une analyse menée par l’Université des Nations Unies (UNU).
Selon les spécialistes, la perte de productivité du sol et la dégradation des services rendus par la nature à la vie, font peser des menaces imminentes sur la stabilité internationale. Il devient impératif que des politiques effectives et des pratiques agricoles durables soient mises en place afin de contrecarrer la dégradation des terres arides. La réforme de la politique d’utilisation des terres est urgente afin d’arrêter la surexploitation, le surpâturage, le piétinement et les pratiques non durables d’irrigation.
Plus encore, l’analyse invite les gouvernements à adopter une vision plus large et une approche plus coordonnée et plus intégrée permettant de traiter à la fois la désertification, le changement climatique, la réduction de la pauvreté, entre autres. Elle éclaire de nombreux problèmes et incohérences dans la politique à l’œuvre aujourd’hui à tous les niveaux, indiquant que les décisions sont souvent prises dans des «silos» sectoriels isolés, dont les résultats finaux peuvent être contreproductifs.
Un tiers de la population mondiale, soit deux milliards de personnes, sont des victimes potentielles des effets rampants de la désertification. Et non maîtrisé, le nombre de personnes à risque de déplacement pour cause de désertification sévère est estimé à 50 millions sur les dix prochaines années. Le sujet de la désertification est une partie essentielle de l’adaptation au changement climatique et de l’atténuation des pertes en biodiversité globale, précise le Prof. Hans van Ginkel, Sous Secrétaire-Général des Nations-Unies et recteur de l’UNU.
Le rapport avance une série de recommandations à adopter de manière urgente par les gouvernements et les décideurs politiques, par exemple rejeter le caractère inévitable de la notion d’aridité et de rareté de l’eau, créer des incitations financières pour les utilisateurs de terres arides afin de préserver et rétablir les services de l’écosystème, améliorer la coordination à tous les niveaux : national, régional, international.
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