Novembre 2008

Nécessité d’une réponse collective urgente et coordonnée aux crises économique et environnementale

La société humaine se dirige de manière dangereuse au-delà des limites naturelles de la planète. Le changement climatique, la rareté de l’eau et de la nourriture, la sécurité énergétique et les dangers de la pollution sont parmi les problèmes urgents, de surcroît en cours d’aggravation accélérée, concernant la globalité du système qu’est la Terre. C’est ce que confirment les participants au sommet organisé par le Programme International Géosphère-Biosphère (PIGB) et le Partenariat des Sciences du Système Terrestre. Ils notent le fait alarmant, selon les mesures récentes, de l’émission globale de carbone qui a crû plus vite que ce qui était prévu dans les scénarios du GIEP ne datant que de 5 ans.

Aujourd’hui, les conséquences de la crise financière menacent le système économique. Les conséquences de la crise du système écologique seront bien pires dans un laps de temps juste un peu plus long, fait remarquer le professeur Thomas B Johansson, expert en énergie de l’Université Lund. Alors qu’il est question de régler un problème à court terme, il faudrait saisir l’opportunité de régler ces problèmes de long terme, ajoute-t-il.

Les nouveaux accords économiques peuvent et doivent tenir compte des limites naturelles et mettre le rétablissement global sur une voie plus économe en carbone et ressources. Sur la base des tendances économiques récentes, il devrait y avoir une augmentation globale des températures de 4 à 6 degrés d’ici 2100, niveaux considérés comme catastrophiques selon le GIEP.

Des sociétés plus vertes permettraient de réviser les risques à la baisse tout en procurant une meilleure qualité de vie, en éliminant la pauvreté et en favorisant la cohésion sociale. A contrario, l’utilisation de la mesure conventionnelle de croissance par le PIB comme principal indicateur des politiques nationales a gravement induit en erreur, déclare le professeur Robert Costanza, économiste écologique à l’Université du Vermont. De nouvelles politiques devraient s’attacher à résoudre les problèmes en utilisant une approche intégrée des systèmes de la Terre, incluant toutes les interactions de l’homme avec l’environnement.

Le sommet, une activité de l’initiative de recherche « La planète en 2050 » du PIGB, réunit quatre groupes de travail : technologie énergétique, utilisation de terres, culture-développement-économie, et échanges avec le système Terre, dans le but de définir des visions souhaitables de la planète en 2050 et identifier les moyens, obstacles et opportunités. Il publiera bientôt un rapport public.

La situation requiert une action urgente, l’équivalent d’une mobilisation de temps de guerre. Il s’agit de mettre en œuvre des solutions collectives à travers de meilleures politiques gouvernementales, de meilleures pratiques industrielles et de meilleurs comportements de la part des consommateurs. Des mesures immédiates sont aujourd’hui indispensables, rappelle le professeur Guy Brasseur, de l’US National Center for Atmospheric Research et un des initiateurs de la rencontre. A long terme, des systèmes d’éducation différents sont requis, afin de réconcilier les êtres humains avec le reste de la nature, ajoute-t-il.


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